Les appareils ménagers sont souvent offerts, parfois jusqu’à 6 pour l’achat d’une cuisine, dans le cadre des promotions menées toute l’année par les enseignes spécialistes ? Comment ce procédé peut-il être rentable pour les magasins ? Et y a-t-il un risque de déconsidération pour les marques d’encastrable de la part des consommateurs, voire d’érosion des ventes, les acheteurs potentiels privilégiant ces opérations commerciales pour s’équiper ? Deux cuisinistes indépendants ont répondu.
Cuture Cuisine : Ce procédé vous concerne-t-il en qualité de cuisiniste indépendant, dans le cadre de vos rapports commerciaux avec vos fournisseurs de meubles de cuisine ? Sinon, vous arrive-t-il de proposer des appareils ménagers à prix réduits, voire gratuits ?
Alain Maillet, gérant du magasin A.I. Concept à Fontainebleau : « Nous n'utilisons pas ce type de procédé Nous ne travaillons qu'avec des marques qui font des offres raisonnables : Siemens, Neff, Novy et Liebherr. Cela nous arrive éventuellement d'offrir un appareil un réfrigérateur ou un lave-vaisselle mais nous ne faisons pas de remise ou alors maximum 10 / 15 % avec la garantie de 5 ans offerte. »
Alexis Roucout, gérant des magasins Nolte à Plancoët et à Lamballe : « Oui, cela arrive régulièrement. L’électroménager conventionnel chez le cuisiniste, c’est un peu les pneus chez le garagiste ! La marge est nulle, mais nous sommes obligés de fournir un pack complet à nos clients, c’est la coutume. Il est fréquent donc, puisque mis en concurrence par internet, les grossistes en tous genres, etc., que nous devions le brader, voire le vendre au prix coûtant de notre fournisseur selon la taille des projets et notre motivation à valider ces derniers. En début de réponse, je parle d’électroménager conventionnel : Il semble que les marques « d’élite » telles que Bora / Vzug et consorts soient moins touchées par ce phénomène. Mais qui achète cela aujourd’hui dans nos enseignes ? C’est anecdotique.

Culture Cuisine : Ce procédé peut-il être rentable pour un magasin de cuisines et comment selon vous ?
Alain Maillet : « De toute manière, il faut bien se dire que dans tous les cas l'achat même à un bas prix est compris dans la marge du cuisiniste. En fait, c'est encore une remise déguisée, voire un attrape******** »
Alexis Roucout : « Absolument pas. Il est donc régulier que dès que possible et si budget serré, nous invitions les clients à acheter leurs appareils électroménagers de leur côté. Nous prenons la gestion des commandes, livraisons, risque financier et responsabilité associés en cas de SAV, pour nous, alors que nous ne gagnons quasi rien là-dessus. À nouveau, le marché nous impose presque de gérer cela, les clients souhaitant du clé en main…

Culture Cuisine : Y a-t-il un risque de déconsidération pour les marques d’encastrable de la part des consommateurs pouvant juger les appareils selon le critère prix / valeur, voire d’érosion des ventes au long de l’année, les acheteurs potentiels privilégiant les opérations commerciales pour s’équiper ?
Alain Maillet : « On peut effectivement le penser, mais les gens ont toujours l'impression qu'ils vont faire une affaire et ils sont donc contents d'avoir des appareils gratuits, même s'ils sont à bas coûts et pas forcément très qualitatifs »
Alexis Roucout : « Pour le moment, je ne constate pas vraiment cela parmi nos clients. Il est vrai que certains attendent les promos type « black Friday » ou autres soldes pour acheter leurs appareils, mais là aussi, c’est anecdotique. Les dates ne concordent pas forcément par exemple. Et puis, au prix où nous les proposons en général, à quoi bon se cailler le lait à fouiner les promos, alors que le gentil cuisiniste va tout prendre en charge ? »
Propos recueillis par J.A
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