…américaines et françaises dans l’importance qu’elles accordent à leur communication (image, publicité), la méthode appliquée et les moyens consacrés ? Alors que l’influence des méthodes de marketing appliquées de l’autre côté de l’Atlantique devient toujours plus prégnante sur notre rive océanique, y compris dans l’emploi de l’acculturé globish, nous avons posé la question à Sertaç Yildizhan. Fondateur de l’agence Papalina Studios, il a travaillé pour des firmes importantes et des artistes de renommée internationale à San Francisco puis à New York, et s’est installée à Annecy.
Culture Cuisine : Quand avez-vous fondé l'agence de communication Papalina ? Pouvez-vous raconter en quelques mots son histoire et préciser quelles sont ses domaines d'intervention et de compétences ?
Sertaç Yildizhan : « J’ai lancé Papalina Studios en 2020, à New York. Avant cela, j’ai passé plusieurs années entre San Francisco et New York. J’ai étudié le cinéma et la publicité à San Francisco, puis j’ai commencé à travailler en production et en publicité au sein d’agences reconnues. À New York, j’ai ensuite travaillé sur des campagnes et des contenus pour de grandes marques, notamment des Fortune 500 (les 500 premières entreprises américaines, classées selon l'importance de leur chiffre d'affaires, ndlr).
J’ai créé Papalina parce que je voulais mettre cette expérience au service d’un studio plus agile, plus impliqué et plus proche des équipes qui conçoivent le produit. Aujourd’hui, je suis installé en France et je travaille avec des entreprises françaises et américaines, avec un focus particulier sur l’accompagnement des scale-ups (jeunes entreprises, déjà sorties du statut de start-up, ndlr) et des entreprises françaises qui souhaitent développer leur marketing auprès d’audiences locales et internationales.
Concrètement, Papalina intervient d’abord sur la stratégie marketing et de marque (positionnement, messages, direction de campagne), puis sur la création et la production : identité visuelle, assets de campagne et production de contenus, notamment vidéo, photo et social content, adaptés à chaque canal et à chaque audience.
Culture Cuisine : Votre agence de communication a travaillé pour des firmes importantes et des artistes de renommée internationale lorsque vous étiez installé à San Francisco puis à New York. Vous êtes implanté à Annecy (Haute-Savoie) depuis deux ans. Quelles différences dans le traitement de la communication (corporate, image, publicité) par les entreprises avez-vous pu constater entre les Etats-Unis et la France ?
Sertaç Yildizhan : Beaucoup d’équipes en Europe considèrent encore le marketing comme quelque chose qu’on fait une fois que tout est “parfait”, au lieu de le construire en parallèle du produit. Il y a plus de validation interne, plus de peur de dire quelque chose de travers, et souvent les budgets restent bas. Du coup, la communication passe au second plan, parfois gérée par un stagiaire ou un profil junior sans vraie stratégie, et la marque n’arrive jamais vraiment à décoller.
Aux États Unis, le marketing est plus assumé et plus orienté “vision d’abord”. Il y a une vraie culture du "fake it until you make it” : parfois ça marche et ça crée de l’élan, parfois ça se retourne contre eux. En Europe, le ton est généralement plus prudent et plus factuel : on cherche à valider les affirmations avant de les afficher publiquement.

Culture Cuisine : Quelles son selon vous les bonnes démarches et étapes à réaliser par une entreprise afin de concevoir une campagne de communication pertinente et efficace ?
Sertaç Yildizhan : Restez simple, clair et percutant. L’attention a changé : vous avez seulement quelques secondes pour faire passer le message. Commencez par une seule idée que les gens peuvent répéter, une promesse, et une preuve. Si ce n’est pas compris instantanément, ça ne se diffuse pas. »
Propos recueillis par J.A
Pour en savoir plus : https://papalinastudios.com/
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