En 2026, l’utilisation de l’IA générative, pour s’informer ou résumer du savoir, est devenue monnaie courante. Pourtant, plusieurs études, dont une recherche du MIT très relayée, vont dans le sens d’une baisse de la connectivité cérébrale et de la performance neuronale chez les utilisateurs réguliers d’agents conversationnels d’I.A. Afin d’éviter ce que les contempteurs et thuriféraires s’accordent à nous annoncer comme inexorable, Nemic, une toute nouvelle application française, prend le contrepied de la plupart des usages actuels de l'intelligence artificielle : utiliser l'IA non pas pour dispenser l'utilisateur d'apprendre, mais pour l'aider à mieux comprendre, mémoriser et mobiliser ses connaissances. Explications de son créateur, Romain Baretge.
Culture Cuisine : Quel est votre parcours ?
Romain Baretge : « Je suis titulaire d’un Master en science politique, obtenu en 2005 à la faculté de droit de Nice. Durant mes études, j’ai travaillé dans le soutien scolaire. Je me suis alors rendu compte que des amis en STAPS ne pouvaient pas transmettre leur savoir via les sociétés pour lesquelles je travaillais. C’est ce constat qui m’a donné l’idée d’Ownsport, première société agréée service à la personne dans le sport en 2006 et qui est devenu depuis le leader français du coaching sportif à domicile. Pour Ownsport, je me suis très tôt formé au développement informatique. Cela m’a donné un avantage concurrentiel important et m’a permis de créer Nemic en 2026.
Culture Cuisine : Quels constats, réflexions, ou expériences vous ont amené à développer l’application Nemic ?
Romain Baretge : Un besoin personnel en premier lieu. Je suis curieux et j’avais envie de pouvoir étudier les sujets qui m’intéressent en profondeur et d’en mémoriser l’essentiel de façon simple et centralisée. J’avais souvent la frustration d’avoir lu, vu ou entendu des idées et raisonnements qui m’avaient bouleversé ou avaient remis en question ma façon de voir les choses, mais d’en garder quelques jours un souvenir flou quand je voulais les partager quelques jours plus tard. Mes interlocuteurs ne saisissaient pas ce qu’il y avait de révolutionnaire et souvent l’explication était hésitante et finissait, faute de détails, à ressembler à un lieu commun. L’arrivée de l’I.A a amplifié le phénomène en me rendant encore plus paresseux à mémoriser. J’ai donc réfléchi à une solution et j’ai créé Nemic.

Culture Cuisine : Quelles sont les diverses utilités en général de l’application Nemic ? Et quels avantages pourrait-elle apporter aux industriels et distributeurs de la cuisine équipée et de l’architecture d’intérieur ?
Romain Baretge : Avec Nemic, vous pouvez transformer tous types de documents en parcours d’études (PDF, image, texte manuscrit scanné à la volée, vidéos YouTube, etc.). Cela peut se faire depuis des sources en 12 langues et être traduit dans ces 12 langues. C’est la magie des LLM, de l'anglais Large Language Model, ou grand modèle de langage en français. Si vous avez des domaines où les sources de pointe sont en anglais ou en chinois par exemple, vous pouvez les traduire, les comprendre en profondeur et les mémoriser. Brainy, notre chatbot permet d’expliquer directement depuis le texte et, en se servant du contexte, toutes les notions qui ne sont pas claires pour vous. Vous pouvez ainsi accéder à des domaines de pointe sans attendre une traduction ou une vulgarisation, ce qui est un vrai avantage concurrentiel dans le milieu professionnel. Aussi, vous pouvez partager un contenu que vous avez créé à vos équipes si vous le souhaitez.
Culture Cuisine : Comment utilise-t-on l’application et faut-il avoir des connaissances particulières en intelligence artificielle ?
Romain Baretge : Vous avez trois options : un traitement minimal qui garde le plan d’origine mais va juste subdiviser les parties trop longues en petits blocs aisément mémorisables ; une restructuration qui permet non seulement de garder le texte d’origine, mais aussi de créer un plan plus clair pour les contenus mal structurés ; et enfin une réécriture qui synthétise le contenu pour aller à l’essentiel en enlevant bruit et répétitions. Ensuite, vous pouvez lire le contenu ou l’écouter. À la fin de chaque bloc vous avez un QCM simple qui permet de vous faire rappeler ce que vous venez de lire pour maintenir votre attention. Si vous vous trompez, une explication du concept abordé sous un autre angle de vue vous est présentée. Enfin, un système de révisions espacées basé sur l’algorithme FSRS permet de recevoir des rappels pour réviser les blocs que vous avez lu de façon intelligente. Vous retenez sans effort. Vous pouvez fragmenter votre lecture en petits instants, comme on en a beaucoup dans la vraie vie. Cela remplace une envie de scroller sur Tiktok et ça fait du bien au cerveau. Aucune connaissance en IA n’est nécessaire. »
Propos recueillis par Jérôme Alberola
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