Culture Cuisine
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Directeur de trois magasins de cuisines situés en Vendée à La Roche-sur-Yon (repris en 2001), Challans (ouvert en 2005) et au Château d’Olonne (depuis juin 2009), Stéphane Lamour intervient dans tous les Pays de Loire, mais aussi au-delà, en Région parisienne. La commande  d’un prestigieux horloger la même conduit sur les bords du Lac de Neuchâtel (Suisse). Après avoir suivi une hausse régulière au cours des dernières années, le chiffre d’affaires des Ateliers portant son nom devrait atteindre 3 millions d’euros à la fin de l’année. Les effectifs de 9 personnes devraient eux aussi s’étoffer avec les projets d’ouverture de points de vente aux Herbiers et à Nantes. Le tableau est déjà beau, au regard de la crise économique globale et de ses effets depuis deux ans sur le secteur de la cuisine équipée. Mais c’est précisément celle-ci qui a conduit l’entrepreneur à « réfléchir à son avenir de cuisiniste et à créer sa propre marque afin de permettre à sa passion de s’exprimer pleinement. En devenant trop faible ou trop lointain, le soutien des fabricants de taille moyenne, français comme étrangers, est devenu dispensable et remplaçable par une approche plus souple et plus personnalisée. Etre partenaire d’un industriel est intéressant si celui-ci aide réellement à développer votre activité de cuisiniste, notamment en termes de notoriété de la marque que vous défendez et de fréquentation de vos magasins. Or, c’est de moins en moins le cas ». 

 
Stéphane Lamour s’est donc rapproché d’un fabricant régional qui s’engage à fabriquer une large gamme de meubles de cuisine dans « une qualité exceptionnelle avec une charte précise. Construite. La vingtaine de modèles qui la composent répondent à nos besoins précis et notre expérience consumériste sur le terrain. Cela nous offre une souplesse d’artisan dans le cadre de notre distribution d’industriel ». L’objectif est de proposer aux consommateurs des implantations dignes des plus grands concepteurs à des coûts inférieurs aux marques de moyen de gamme. Cette équation est rendue possible par la pratique d’un coefficient de vente raisonnable, associé à un minimum de frais. « Nous n’avons en magasin qu’un présentoir de portes échantillon et pas de catalogues » explique le dirigeant qui continue de référencer la marque italienne Comprex.  
 
L’exemple de l’expérience audacieuse menée par Les Ateliers Stéphane Lamour préfigure peut-être ce qui pourrait constituer, si elle se multiplie dans l’Hexagone, une évolution majeure du marché de la cuisine. L’abandon du rôle de communication et d’animation joué par les marques françaises et étrangères se plaçant dans les magasins indépendants entre, en effet, en résonnance avec le sentiment de plus en plus diffusé que la cuisine intégrée n’est plus un marché de marques (un comble lorsqu’on sait qu’elle en était le secteur de l’ameublement le mieux doté avec la literie). Bien sûr, ce phénomène ne joue pas pour les points de vente concessionnaires de fabricants (Mobalpa, Péréne, SoCooc, Schmidt, Cuisinella) ou de distribution franchisée qui bénéficient d’un véritable arsenal de communication et d’outils de dynamisation d’activité. Mais en épargnant justement ces derniers, il pourrait creuser le fossé les séparant du peloton des fabricants moyens et de leurs distributeurs, faute de… moyens. C’est sans doute pour cela que certains cuisinistes indépendants de contrat et d’esprit tentent de trouver une troisième voie…        

 



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