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Lorsque l'art et la femme subliment la cuisine

Une photographie de l’artiste féministe américaine Martha Rosler montre une cuisine des années 1960, qui sera sans doute éternellement parmi les plus regardées et appréciées par les hommes. User des mêmes arguments esthétiques en communication est toutefois déconseillé.  

 

Décollez vos yeux ébahis de la photo ci-contre s’il vous plait, et mettez de côté votre passion pour les courbes du design moderne et votre intérêt pour les châssis ingénieux pendant quelques minutes pour lire ce qui suit (si vous n’y parvenez pas, demandez à un collègue myope de vous aider, quitte à vous faire tomber de la chaise, avant qu’une collègue ne vienne débrancher votre écran d’ordinateur).

    

Comment faire apprécier une cuisine moche par - au moins - la moitié de la population ? Impossible diront les responsables marketing en se souvenant de leurs cours de première année, durant lesquels étaient assénée la règle de base faisant du produit le premier et plus crédible argument de séduction puis vente. C’est pourtant ce qu’a réalisé Martha Rossler, en ajoutant un modèle faisant de cette cuisine des années 1960, l’une des plus éternellement regardées et appréciées par les hommes (la fameuse moitié de la population).

 

On ne pourra pas nier le bon sens pratique de cette américaine née en 1943 qui s’est fait un nom dans l’art contemporain avec ses œuvres vidéo et photographiques, et dont la vie quotidienne est l’un des thèmes de prédilection. En effet, quoi de plus rationnel et légitime que de montrer une cuisine domestique dans sa réalité la plus nue (oui, cela qualifie bien la situation) ? Quoi de plus crédible que ce sentiment d’une vie s’y déroulant devant nos yeux attendris et au bord du glaucome, par la grâce de la maitresse de maison s’y affairant distraitement (oublier de mettre ses chaussons est un signe de distraction) ? Bien sûr, les esprits chagrin et les grincheux rétorqueront que les hommes ne regardent plus - ou si peu – le mobilier de cuisine. Certes, mais une telle composition remet à son juste rang, soit le premier, le regard critique des femmes et leur rôle décisif dans le choix des ensembles.

 

Le marketing doit-il user des mêmes procédé et argument esthétiques de communication ? On peut  en douter et inviter à une certaine réserve pour ne pas s’attirer les foudres des associations féministes. Cela justifie le nom de cette photographie, Bowl of fruit, soit en V.F Coupe de fruits (défendus ?). Pourtant, ces dernières seraient bien surprises en apprenant que les photomontages (eh oui, ce genre de gironde et blonde apparition ne pouvait pas être vraie) de Martha Rossler « témoigne de son engagement dès les années 1960 dans des mouvements féministes et antimilitaristes », comme le rappelle la revue de référence Beaux-Arts Magazine qui a publié cette photo dans son numéro d’octobre dernier. Voilà un autre mérite de ce cliché dont la filière de la cuisine, cette fois dans son ensemble, doit se réjouir.

 

Une dernière suggestion avant de vous laisser vous exophtalmer en revenant à la photo ci-dessus : il n’est pas interdit de publier un calendrier publicitaire composé de ce type de clichés honorant le pouvoir des sens. Celui édité depuis 1964 par le groupe de pneumatiques Pirelli a été sa meilleure et plus célèbre publicité (certains fans en ont même fait une affaire de culte). Dans le cas de la cuisine, et en filiation des messages antimilitaristes de Martha Rossler, nous proposons le slogan « Faites la cuisine, pas la guerre ! »…

 

PS : Naturellement, toujours désireux danalyser objectivement les évolutions majeures de votre marché, Culture Cuisine se fera le relai obligé d’un tel calendrier si vous en concevez. Nous attendons donc fébrilement vos exemplaires…  

PS 2 : Bien séduire dans le domaine de la cuisine exige aussi d’être rigoureux dans le choix des modèles. Certains sont ainsi à proscrire de tout plan de communication et de tout discours marketing, même au deuxième ou troisième degré…  

 

 

 



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